Renouvellement d'un permis d'exploiter de classe 2
Porcherie Stassart : pourquoi Ouffet Ensemble s'oppose au renouvellement du permis
Ouffet Ensemble défend une agriculture nourricière et durable, ancrée dans son territoire. Une agriculture qui prend soin de l'environnement, qui respecte les personnes qui vivent à proximité, et qui construit l'avenir plutôt que de l'hypothéquer. C'est dans cet esprit que nous prenons position sur le renouvellement du permis d'environnement de la porcherie Stassart, exploitée sous l'enseigne Himbe Agricole, à Petit Ouffet.
De quoi s'agit-il ?
La porcherie Stassart, implantée entre Petit Ouffet et Xhenceval, a introduit une demande de renouvellement de son permis d'environnement de classe 2 auprès de la commune d'Ouffet. Cette procédure implique une enquête publique pendant laquelle tout citoyen peut déposer une réclamation officielle. Cette enquête publique se clôture le 22 juin.
Ouffet Ensemble a étudié le dossier en détail et a rédigé une lettre de réclamation circonstanciée. Nous mettons cette lettre à disposition de tous les riverains qui souhaitent la signer et la déposer.
Nos préoccupations
1. Des odeurs qui empoisonnent le quotidien
Les habitants de Petit Ouffet et de Xhenceval subissent depuis des années des nuisances olfactives importantes liées à la porcherie. Ces nuisances ne sont pas une impression : elles ont fait l'objet d'une plainte au tribunal, et un juge s'est rendu sur place pour les constater personnellement.
Pourtant, le permis en vigueur est clair : les odeurs ne peuvent pas constituer une nuisance pour le voisinage. Il impose notamment que les cheminées d'évacuation de l'air soient placées à une hauteur minimale de 10 mètres, ou qu'un système de filtration de l'air soit installé. Aujourd'hui, les cheminées sont à moins de 7 mètres du sol. Cette violation des conditions du permis n'a jamais été corrigée.
2. Une activité qui n'est pas vraiment agricole
La porcherie Stassart fonctionne selon un modèle dit « en intégration» : les animaux, la nourriture et les conditions d'élevage sont entièrement gérés par un opérateur industriel extérieur. La ferme Stassart ne produit ni les céréales ni la paille nécessaires à l'élevage. Il n'y a pas de cycle agricole propre à l'exploitation.
En droit wallon (le CoDT), la zone agricole est réservée aux activités directement liées à la mise en valeur du sol. Un élevage industriel déconnecté du sol de la ferme est considéré comme une activité para-agricole, qui n'a en principe pas sa place en zone agricole sans dérogation spécifique. Ce n'est pas une interprétation d'Ouffet Ensemble : c'est la position que le Gouvernement wallon lui-même a adoptée en 2018 et confirmée en 2020, dans un dossier similaire de porcherie industrielle à Ronquières.
3. Un puits qui soulève de sérieuses questions
À proximité immédiate de la porcherie se trouve un puits dont la situation administrative est pour le moins préoccupante : il ne figure pas à l'endroit indiqué dans le permis et ne bénéficie pas de la zone de protection de 10 mètres imposée par la loi autour de tout captage d'eau souterraine.
Plus inquiétant encore : les photos aériennes disponibles sur le géoportail wallon montrent clairement le passage de pulvérisateurs — et donc de produits phytosanitaires — à l'intérieur de ce périmètre protégé. C'est un risque concret de contamination de la nappe phréatique locale.
4. Une menace pour l'eau potable
La fosse de stockage du lisier est située en amont des axes d'écoulement des eaux qui rejoignent une zone de prévention de captage d'eau potable. En cas de fuite ou de défaillance de la cuve, la pollution atteindrait directement les eaux souterraines qui alimentent les captages du Néblon.
5. Le bien-être des animaux en question
Des observations concordantes font état d'une mortalité animale élevée lors des épisodes de forte chaleur estivale. Le bâtiment, exposé au soleil, semble génèrer des températures internes extrêmes en été. Le Code wallon du Bien-être animal impose pourtant que la température et la ventilation soient adaptées aux besoins des animaux détenus. Au vu des étés de plus en plus chauds que connaît notre région, cette situation ne peut pas être ignorée.
6. Un trafic sous-estimé et une insertion paysagère insuffisante
Le dossier de demande minimise le trafic engendré par l'exploitation. En réalité, les allées et venues de camions — livraisons d'aliments, transport des porcs, enlèvement des cadavres — s'ajoutent au charroi déjà intense de l'exploitation agricole Himbe agricole sur des voiries locales étroites. Les riverains dénoncent ce problème depuis des années, sans solution durable.
Par ailleurs, le bâtiment ne respecte pas les exigences actuelles en matière d'intégration dans le paysage agricole : peu de haies et d'arbres indigènes qui contribueraient pourtant à réduire l'impact visuel et olfactif de l'installation.
Ce que nous demandons
Ouffet Ensemble demande au Collège communal d'Ouffet de refuser le renouvellement du permis, au regard des violations constatées et de l'incompatibilité de l'activité avec les règles d'urbanisme applicables en zone agricole.
Si, malgré tout, un permis devait être accordé, nous demandons qu'il soit assorti de conditions strictes et contrôlables : mise en conformité du système de ventilation, régularisation complète du puits, garanties sur l'étanchéité de la fosse à lisier, mesures pour le bien-être animal et l'intégration paysagère.
Nous demandons également qu'une visite de contrôle sur site soit effectuée par les services compétents avant toute décision, afin de vérifier le respect des conditions du permis actuel.
Comment agir avant le 22 juin ?
Toute personne peut déposer une réclamation individuelle auprès de l'administration communale d'Ouffet pendant la durée de l'enquête publique. Plus les réclamations sont nombreuses, plus elles pèsent dans la balance.
📄 Téléchargez notre lettre de réclamation :
Les remarques écrites peuvent être adressées au Collège communal d'Ouffet jusqu'au 22 juin 2026 inclus, avec la mention ENQUETE PUBLIQUE (STASSART) :
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par courrier : Collège communal d'Ouffet, rue du Village 3, 4590 Ouffet
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par fax : 086/36.73.79
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par e-mail : commune@ouffet.be
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en mains propres à M. Renaud Imhauser (bureau à l'étage)
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